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A Pékin, la communauté
internationale appelée à financer la lutte contre la grippe
aviaire
LEMONDE.FR | 17.01.06 |
12h41 • Mis à jour le 17.01.06 | 13h02
Plus d'une
centaine de pays et organisations internationales se retrouvent,
mardi 17 janvier, à Pékin, afin de lever des fonds pour financer
la lutte contre la grippe aviaire. "La coopération
internationale a acquis une importance et un caractère d'urgence
sans précédent", a déclaré Qiao Zhonghuai, vice-ministre des
affaires étrangères chinois, à l'ouverture de cette conférence
des donateurs qui va durer deux jours. "Beaucoup de pays
touchés manquent de fonds, ce qui va sérieusement entraver les
efforts de prévention et de contrôle", a averti M. Qiao.
Apparu en 2003 en Asie du Sud-Est,
le virus H5N1 a tué 78 personnes dans la région, selon
l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Hors de ce périmètre,
le virus a déjà fait quatre morts. Il s'est étendu à l'Europe,
et les experts craignent qu'il gagne désormais l'Afrique et
l'Amérique latine.
La journée de mardi doit
permettre d'évaluer les besoins de financement face à cette
situation jugée critique, sinon alarmante. "La situation est
très grave, très inquiétante", estime le vétérinaire en chef de
la FAO, agence de l'ONU, Joseph Domenech. "On constate qu'il se
rapproche de plus en plus de l'hémisphère occidental (...). Si
des fonds ne sont pas mobilisés immédiatement, nous aurons
besoin de plus dans quelques mois."
"ÉVITER UNE PANDÉMIE"
Dans un rapport récent, la Banque
mondiale estimait à 800 milliards de dollars le coût économique
et financier d'une pandémie de grippe aviaire, avec ses millions
de morts et ses dizaines de millions de malades. Pour éviter ce
scénario catastrophe, les organisations internationales – Banque
mondiale, OMS, FAO et Organisation internationale pour la santé
animale (OIE, indépendante) – préconisent un plan d'action de
1,202 à 1,442 milliard de dollars sur trois ans, qui serait
consacré en priorité à la mise en place de réseaux de détection
et d'intervention rapides.
Les experts sont d'accord pour
privilégier le contrôle, voire l'éradication du virus "à la
source", dans les élevages de volailles, "ce qui est la façon la
plus efficace d'éviter une pandémie" engendrée par une mutation
du virus en une souche transmissible d'homme à homme, a souligné
le docteur Margaret Chan, responsable de l'OMS pour la lutte
contre les pandémies.
Des systèmes de détection fiables
impliquent de bons réseaux vétérinaires, mais aussi des fonds
d'indemnisation adéquats pour que les paysans signalent les
volailles malades sans craindre de perdre leurs ressources.
C'est pourquoi l'argent rassemblé ira d'abord aux pays infectés
et à ceux considérés "à risques", pour s'étendre à terme aux
programmes nationaux de tous les pays en développement.
"UNE COOPÉRATION RENFORCÉE"
Le plan de lutte prévoit aussi des campagnes d'information sur
la nature du virus et les dangers de contamination causés par la
promiscuité avec les oiseaux malades. Enfin, afin de pouvoir
réagir à une contagion humaine, des stocks de médicaments
antiviraux doivent être constitués. Le laboratoire suisse Roche
a donné deux millions de traitements supplémentaires à l'OMS,
qui viendront compléter un stock mondial d'urgence de trois
millions de cures. Mais les fonds levés à Pékin ne devraient pas
servir à financer les vaccins pour l'homme.
La Banque a déjà approuvé la
semaine dernière le déblocage de crédits à hauteur de 500
millions de dollars, et l'Union européenne a promis de verser
une aide de 100 millions de dollars à la lutte contre la grippe
aviaire hors de l'UE, dont plus de 40 millions iront à l'Asie.
Mais l'Europe demande également des contreparties à son aide, en
particulier "une surveillance, une transparence et une
coopération technique renforcées" de la part des pays asiatiques.
Avec AFP et Reuters
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