Aussi,
Stephen
Harper,
premier
ministre
canadien,
George
W. Bush
et
Vicente
Fox,
présidents
des
Etats-Unis
et du
Mexique
ont
annoncé,
vendredi
31 mars
à
Cancun,
qu'ils
s'étaient
mis
d'accord
sur "une
approche
globale,
scientifique
et
coordonnée"
pour
lutter
contre
une
possible
épizootie
en
Amérique
du Nord.
"Etant
donné la
forte
intégration
de nos
économies,
une
apparition
de la
grippe
aviaire
ou de la
grippe
humaine
pandémique
dans un
seul de
nos pays
nous
affecterait
tous",
ont-ils
prévenu,
tout en
annonçant
leur
décision
d'accélérer
"la
recherche,
le
développement,
la
production
et la
mise à
disposition
de
vaccins
contre
une
pandémie
grippale".
Des
travaux
récents
permettent
aujourd'hui
de mieux
saisir
comment
s'organisent
les
transmissions
virales
entre
les
oiseaux
sauvages
et les
oiseaux
d'élevage,
dont le
commerce
paraît
jouer un
rôle
déterminant
dans la
diffusion
de
l'épizootie.
Personne
n'envisage
plus
d'obtenir
l'éradication
de ce
nouvel
agent
installé
durablement
dans les
populations
aviaires.
En
l'absence
d'outils
préventifs
véritablement
efficaces,
les
autorités
sanitaires
sont
contraintes
de mener
une
course-poursuite
contre
le
virus,
c'est-à-dire
de
mettre
en
oeuvre,
dès
l'apparition
d'un
foyer
épizootique,
les
règles
sanitaires
en
vigueur
:
abattage
des
animaux
et mise
en
quarantaine
des
élevages
concernés.
Dans ce
contexte,
la
surveillance
épidémiologique
vétérinaire
et la
mise en
oeuvre
au plus
tôt des
règles
sanitaires
sont une
priorité
absolue.
Or, en
dépit
des
engagements
qu'ils
ont pris,
les pays
industriels
tardent
à
financer
la lutte
contre
la
grippe
dans les
pays les
plus
démunis.
Pourtant,
en
novembre
2005,
une
conférence
mondiale
tenue
sur ce
thème à
Genève
avait
permis
de lever
plus
d'un
milliard
de
dollars
pour les
trois
prochaines
années.
On vit
alors
dans
cette
annonce
une
étape
essentielle
dans la
volonté
de
réduire,
sinon
d'éradiquer,
la
circulation
du virus
H5N1
dans les
populations
d'oiseaux
d'élevage.
Cette
impression
fut
confirmée
à la mi-janvier
à Pékin.
Quelque
130 pays
s'engagèrent
alors à
financer
la lutte
à
hauteur
de
quelque
2
milliards
de
dollars
sous
forme de
dons et
de prêts
consentis
aux pays
les plus
démunis
et les
plus
exposés.
C'était
compter
sans la
lourdeur
et la
complexité
des
mécanismes
administratifs
et
réglementaires
qui
encadrent
ce type
d'opération.
Le cas
de
l'Union
européenne
est, de
ce point
de vue,
particulièrement
éclairant.
Alors
qu'à
Pékin,
l'Union
s'était
engagée
pour une
aide 122
millions
de
dollars,
rien, en
pratique,
n'a
encore
été
décidé.
"Le plus
mauvais
élève,
c'est
l'Union
européenne,
qui n'a
pas même
décidé
comment
attribuer
les
sommes
promises",
a
souligné,
le 8
mars,
Bernard
Vallat,
directeur
général
de l'OIE,
lors de
son
audition
par la
mission
parlementaire
d'information
sur la
grippe
aviaire.
M.
Vallat
était
alors
interrogé
par des
parlementaires
français,
de
retour
d'une
visite
au
Sénégal
et au
Mali, où
ils
avaient
observé
que ces
deux
pays
n'avaient
toujours
pas reçu
la
moindre
aide
alors
que le
Nigeria
et le
Niger
voisins
étaient
déjà
touchés.
Pour sa
part,
Jacques
Diouf,
directeur
général
de
l'Organisation
des
Nations
unies
pour
l'alimentation
et
l'agriculture
(FAO), a
rappelé
que son
organisation
n'avait
reçu que
16
millions
de
dollars
de la
part des
bailleurs
de fonds
présents
à Pékin.
Réclamant,
en vain,
un
démenti
du
directeur
général
de l'OIE,
Bruxelles
a depuis
fait
savoir
par le
porte-parole
de
Benita
Ferrero-Waldner,
commissaire
européenne
aux
relations
extérieures,
que 50
millions
de
dollars
seraient,
peut-être,
disponibles
dès le
début
mois
d'avril.
Jean-Yves
Nau
Article
paru
dans
l'édition
du
04.04.06